Partager l'article ! REMISE EN QUESTION DES MINIMAS SOCIAUX : UN VRAI DEBAT IDEOLOGIQUE !: L’idée que « l’assistanat est le cancer de la société françai ...
"Aucune race n'a le monopole de l'intelligence, de la beauté, de la force et il y a une place pour tous au rendez-vous de la victoire"
Aimé Césaire
L’idée que « l’assistanat est le cancer de la société française », lancée par le gouvernement de M. Sarkozy par la voix de M.
Wauquiez, et qui sous-entend que les allocataires du RSA sont des « assistés » très contents de leur sort m’indigne au plus haut point et je condamne fermement ces propos. Il s’agit
purement et simplement de la première marche vers la remise en cause de notre modèle social. Nous souhaitons un Etat solidaire avec les hommes et les territoires et le RSA, malgré ses
imprefections, est un outil de cette solidarité !
De plus, en remettant en question le RSA, on s’attaque au principe des autres allocations alors même que le débat sur l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) commence. Je serai donc très vigilant au choix qui sera fait dans ce cadre : solidarité ou assurance privée. Parce qu’il s’agit d’un véritable débat idéologique : voulons-nous le chacun pour soi ou la répartition de richesses ?
En tant que Président du Conseil général du Nord, qui gère le RSA sur ce territoire, mais aussi dans le cadre de l’Union Nationale des CCAS, je sais à quel point cette idée de « l’assistanat » repose sur des clichés éculés. Il suffit de regarder les chiffres pour comprendre que le nombre de personnes allocataires du RSA n’a cessé d’augmenter depuis le début de la crise car le chômage a augmenté. Le nombre de foyers entrant chaque mois dans ce dispositif est de 2500 environ sur le Nord depuis juin 2009. Cependant, quand on échoue à s’occuper de l’emploi dans notre pays comme c’est le cas de notre gouvernement actuel, il est tellement simple de s’en prendre aux plus faibles.
Il est décidément temps de redire quelques vérités incontournables :
- - Les allocataires ont des droits mais aussi des devoirs, notamment celui de mettre en œuvre les actions permettant d’améliorer leur situation sociale et professionnelle et, en janvier 2011, 47 000 d’entre eux sur le Département du Nord, étaient inscrits à Pôle Emploi et en recherche d’emploi.
- - La France ne redistribue pas plus d’aides sociales que les autres pays européens. Selon l'Irdes, les allocataires du revenu mimimum ne représentaient que 2 % de la population active française en 2006. Une proportion qui monte à 6 % en Finlande, 3,4 % en Allemagne ou 5,6 % au Royaume-Uni. Nous sommes dans la moyenne européenne, ni plus, ni moins.
- - Les montants des minimas sociaux ne sont pas plus importants en France qu’ailleurs. Les montants des aides sociales françaises sont plutôt bas, par rapport à ceux d'autres pays européens. En 2003, les minima sociaux versés en France équivalaient, pour un célibataire, à 44 % du salaire médian. C'était plus qu'en Belgique (39 %) mais moins qu'en Allemagne (46 %), qu'au Royaume-Uni (51 %), qu'en Irlande (62 %) ou qu'aux Pays-Bas (77 %).
- - On ne peut pas gagner plus en touchant les minimas sociaux qu’en travaillant. Le RSA est conçu pour ne pas dépasser 62 % du smic, avec un bonus en fonction du nombre éventuel d'enfants. Et toucher une autre aide, par exemple des allocations familiales (auxquelles toute famille a droit quels que soient ses revenus) entraîne une diminution du montant du RSA.
- - Les étrangers ne peuvent pas « profiter » facilement des minimas sociaux. M. Wauquiez a proposé de réserver le RSA aux étrangers travaillant depuis cinq ans minimum en France. C’est déjà le cas !
M. Wauquiez est un provocateur, courant après l’idéologie du FN. Il n’est pas le premier à prendre cette voie au sein du gouvernement. Attention… danger !
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