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Mardi 6 juillet 2010 2 06 /07 /Juil /2010 17:43

Visite---reunion-ESS-J-Le-Garrec-02-07-10-012.jpgLa crise économique que nous vivons nous le confirme, nous devons, plus que jamais, faire en sorte que l’humain redevienne le centre de l’activité économique. C’est pourquoi nous soutenons l’Economie Solidaire et Sociale. En effet, se fondant sur le principe de solidarité et étant génératrice d’emplois de qualité, non délocalisables, l’Economie Sociale et Solidaire est une composante de la société civile organisée. Elle contribue de manière significative à la construction d’une société plurielle plus participative, plus démocratique et plus solidaire. Plus important encore, à mon sens, l’ESS est une composante de l’économie moderne qui apporte une réponse innovante face aux disparités sociales et aux incertitudes liées à la mondialisation.


L’article 6 de notre déclaration de principe précise que : « le système voulu par les socialistes est une économie mixte, combinant un secteur privé dynamique, un secteur public efficace, des services publics de qualité accessibles à tous, un tiers secteur d’économie sociale et solidaire. »


Or, aujourd’hui, le gouvernement refuse de reconnaître les structures de l’Economie Sociale et Solidaire comme des acteurs économiques à part entière. L’intégration de cette thématique au sein de la Direction générale de la cohésion sociale, rassemblant de nombreux sujets épars, traduit le désintérêt de ce gouvernement vis-à-vis de l’ESS. Il en a une conception terriblement réductrice, qui la cantonne à une dimension d’insertion et de lutte contre la pauvreté, alors même que les propositions de l’ESS sont le plus souvent efficaces et innovantes.


L’ESS représente aujourd’hui 10% du PIB et concerne plus de 2 millions de salariés, soit prés de 10% de l’emploi en France. En Région Nord Pas de Calais, ce sont 25 600 établissements qui appartiennent au secteur de l’ESS, soit une proportion de 14% de l’ensemble des établissements régionaux du champ privé marchand et 11.3% des emplois du secteur privé ou semi-public.


Ne nous y trompons pas. Malgré ce que le gouvernement de Monsieur Sarkozy a voulu nous faire croire, la crise de l’économie réelle, dans notre pays, n’est pas finie. Et la crise sociale ne fait que commencer. Même Madame Lagarde a été obligée de déclarer il y a quelques jours que « les effets de la crise sur l’emploi n’ont pas disparu ».


En effet, lorsque l’on voit les derniers chiffres du chômage, cela ressemble à un doux euphémisme : dans la catégorie A, le nombre de chômeurs a augmenté de 0.8% en un mois et de 7.1% sur un an, soit 2 699 600 demandeurs d’emploi au total. En incluant ceux qui ont exercé une activité réduite, ce chiffre atteint 3 942 900, en progression de 9.7% sur un an. Avec les DOM, et toutes catégories confondues (A, B et C) la France compte 4 182 800 chômeurs, soit une augmentation de 9.4% en un an.


L’Economie Sociale et Solidaire souffre aussi en cette période de crise. Les services à la personne ont été déréglementés, les exigences ne sont pas les mêmes entre les entreprises privées et celles ressortant de l’ESS (convention collective…). Les mutuelles de santé sont confrontées à une concurrence qui sélectionne leurs clients parmi les moins à risques, reportant la prise en charge des plus défavorisés sur les sociétés mutualistes. Les organismes de formation d’éducation permanente de proximité, mais aussi les Scop, sont également touchés aujourd’hui.


D’autres difficultés viennent tout simplement de choix politiques qui ne sont pas les nôtres. L’application particulièrement réductrice de la Directive Services en France touche l’ensemble du secteur de l’ESS. Le désengagement de l’Etat, la casse des services publics locaux, la baisse des moyens financiers alloués aux associations menacent l’avenir du mouvement associatif.

 

Si vous souhaitez lire l'intégralité de mon intervention sur l'ESS, cliquez sur le lien suivant : INTERVENTION A LA COMMISSION SOLIDARITE DU 2-07-10 INTERVENTION A LA COMMISSION SOLIDARITE DU 2-07-10

Par Patrick Kanner - Publié dans : Actualités - Communauté : Les blogs socialistes
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Commentaires

Bonne idée mais hélas mauvaise appellation: quand on lit "SOCIAL", on pense tout de suite misère, pertes, charges, impôts, activité sous perfusion de fonds publics, etc..;
C'est pourquoi, je me méfiais confusément de l'ESS, et pire encore du "SOCIAL BUSINESS" qui lui fait carrément penser au bisness de la charité, tel que le conçois Martin Hirsch qui après avoir inventé son RSA pour Sarkozy, contre l'adhésion des associés de la Fondation Emmaüs qu'il a dirigée longtemps, est parti s'investir précisément dans le "social business", tout en chantant à tout vent que le bénéficiaires du RSA devaient tous se sentir redevables personnellement au Président(cf. "Pauvre Martin, pauvre misère" émissions de Daniel Mermet, dans la-bas si j'y suis sur France-Inter, mais heureusement disponibles, à l'abri des actuelles tempêtes que connait la station, sur le site http://www.la-bas.org/.
Aussi est-ce passionnant d'écouter, également sur France Inter, une émission du samedi matin, hélas liquidée depuis le printemps:"Rue des entrepreneurs".
L'émission est encore consultable dans les archives de France Inter,"vive le social business(II)" en date du 20 mars 2010. http://www.franceinter.com/ puis cher dans le moteur de recherche intégré au site rue des entrepreneurs, sélectionnez l'émission du 20 mars 2010, et cliquer sur "réécouter l'émission"(ce qui impose de télécharger(gratuitement) le lecteur Real Player SP, le seul qui lise les fichiers d'Inter)
Quand on a fait ça on écoute et de la 17ème à la 24ème minute, on écoute avec ravissement Jean Marc Borello, Directeur de "SOS groupe", entreprise sans actionnaires à engraisser, régie par le principe d'écarts de salaires de 1 à 10, et pour qui, reprendre une entreprise frappée par un licenciement boursier d'un fonds de pension parce qu'elle ne fait "que" 3% de bénéfices(et non 15 à 20%) est une opération parfaite économiquement,et humainement satisfaisante pour tout le monde.
Là on se dit qu'il y a une piste sérieuse pour le post-capitalisme, même dans une économie dite "de marché".
Car c'est au niveau de la répartition des richesses produites par les travailleurs(0% pour le "capital actionnarial", et 100% pour les investissements, le développement et les salaires)que se résout la contradiction capital-travail, et non dans leur "re-distribution" par les impôts et le secteur public(ce qui fait hurler et fuir les détenteurs d'actions) et encore moins par l'intéressement (et la fameuse et fumeuse "règle des trois tiers" doctement énoncée par Sarkozy dans son discours de Toulon, et jamais mise en pratique bien sûr!)
Il fallait y penser, et déjà ça se fait...
Commentaire n°1 posté par GILLERON Bernard le 06/07/2010 à 21h14

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