J’ai participé au Club de la Presse qui s’est déroulé ce jeudi 8 octobre, consacré à la Réforme Territoriale voulue par Monsieur SARKOZY et son Gouvernement.
Avec en particulier Pierre MAUROY et Bernard ROMAN, j’ai pu présenter les très graves conséquences que pourrait avoir cette réforme sur l’organisation des Départements, leur affaiblissement
financier, mais aussi en termes de compétences, et les dangers pour les citoyens qu’une telle situation engendrerait.
Nous savons que depuis plusieurs années maintenant, le Gouvernement utilise les collectivités territoriales comme variable d’ajustement de ses propres difficultés budgétaires. Aujourd’hui, cet étranglement va encore plus loin et démontre la volonté du Président de la République de mettre au pas des collectivités qui, majoritairement, ne lui sont pas favorables politiquement.
En France, les Régions, les Départements et les Communes constituent, à ce jour, les seuls échelons dont dispose l’opposition pour faire entendre sa différence face à la politique réactionnaire menée, notamment sur le plan social, par l’actuel Gouvernement.
La réforme qui sera présentée bientôt au Conseil des Ministres devra donc mobiliser toutes nos énergies afin de préserver nos acquis dont la majorité est issue des conquêtes républicaines.
Madame,
Je réagis à votre appréciation relative aux arguments que j’ai pu développer à l’occasion du dernier Club de la Presse sur la Réforme Territoriale.
Je sais qu’il n’est jamais bon de mettre en cause les Elus, comme le Gouvernement n’hésite pas à le faire aujourd’hui, en les montrant du doigt y compris sur le fait qu’ils seraient trop couteux pour la République.
Je sais que l’ensemble des indemnités des Elus Régionaux et Départementaux qui serait « économisé » par la diminution par deux du nombre de ces Elus, représente 75 millions d’euros.
Je vous laisse comparer ce chiffre aux 180 milliards d’euros de crédit de fonctionnement porté par des Régions et Départements dans notre Pays.
Vous devriez plutôt regarder l’extraordinaire augmentation des coûts de fonctionnement de l’Elysée, et je n’évoque même pas le salaire personnel de Monsieur SARKOZY.
La Démocratie a un coût, il faut savoir l’assumer.
Je ne sais pas si je vous ai convaincu.
En tout cas, soyez prudente quand vous relayez de telles affirmations que souvent l’Extrême Droite Française a utilisées dans le passé.
Patrick KANNER
Cette dame sait-elle que même en travaillant comme des romains nos élus municipaux dans le grandes villes peinent à trouver le temps d'écouter leurs électeurs, et à les aider à s'en sortir dans ce monde de fous?
Ce n'est pas diviser par deux qu'il faudrait faire évoluer le nombre d'élus, mais plutôt le contraire, tant cette société multiplie les problèmes individuels ou de petits groupes dans la proximité: une rue, un lotissement, une cité, une résidence, un immeuble, un quartier sont autant d'échelons où les problèmes se posent à un groupe, différemment de celui d'à côté.
Et que dire des conseillers territoriaux nouvelle manière qui devront à la fois être pointus dans les domaines de compétence des Régions et ceux des Département, et embrasser en même temps l'échelle Européenne et l'échelle des dysfonctionnements de tel collège ou de telle commune de 250 habitants de leur canton.
Après on dira que les élus sont des incapables et on en tirera argument pour refiler les pouvoirs aux Préfets aux ordres!
Et on retirera aussi les services publics de la responsabilité de ces feignants de fonctionnaires pour les confier au secteur privé.
Voilà la Pensée libérale!
Madame,
J’ai bien pris connaissance de vos échanges avec Monsieur Bernard GILLERON.
Je crois très sincèrement que l’opposition artificielle, que certains voudraient voir se créer entre Fonction Publique et Secteur Privé, n’a vraiment plus de sens aujourd’hui dans notre pays.
Ce qui compte, c’est le pouvoir d’achat tant des fonctionnaires, que celui des salariés du secteur privé, qui sont tous les 2 victimes d’une machine à broyer mise en œuvre au profit d’une extrême minorité et qui se résume sous le vocable de « bouclier fiscal ».
Donc, pour moi, un smicard du privé ou un smicard de la Fonction Publique, connaît les mêmes difficultés.
Par contre, je ne peux accepter votre remarque concernant les Elus.
Je vous relis : « j’en connais beaucoup qui recherchent ces postes pour pouvoir arrondir leur fin de mois et parader ». Il est toujours très dangereux de pointer du doigt les représentants de la démocratie et donc du peuple.
Les Elus que je côtoie, de Droite et de Gauche, sont des gens différents mais sincères dans leurs convictions.
S’ils avaient réservé leur énergie et leur temps de travail dans le secteur privé, je ne doute pas qu’ils seraient aujourd’hui bien plus riches.
Et si « parader » consiste à être tous les week-ends dans les manifestations organisées par le secteur associatif, sportif, culturel et être ainsi à l’écoute des besoins de nos concitoyens, alors Chère Madame, sachez que j’adore parader.
Cordialement
Patrick KANNER