Samedi 5 septembre 2009
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À
observer les médias, on pourrait penser que cette première rentrée de Luc Chatel s'est bien passée. Il faut dire que la sortie médiatique du ministre sur le coût de le rentrée dans un supermarché
truffé de militants UMP et que le spectre de la grippe A ont suffi à détourner l'attention.
Pas pour longtemps, ne nous y trompons pas.
Ce nouveau ministre s'est en effet rapidement mis dans les bottes de celui qui aura réussi à supprimer le plus de postes à l'Éducation Nationale avec une baisse record de plus de 10% en 3 ans du
budget consacré à l'Éducation. Logique strictement comptable qui vise à acculer le service public avant de le laisser mourir seul de sa propre mort face à la concurrence des marchands.
Baisse des effectifs nous rétorque-t-on ? Quand dans le même temps un enseignant sur deux en arrêt maladie ou formation n'est plus remplacé, quand les maîtres en surnombre pour accompagner les
élèves en difficulté sont supprimés, quand on veut faire croire que deux heures hebdomadaires de soutien individualisé inefficace viendraient remplacer les RASED. Non, le compte n'y est pas !
À quoi cela va-t-il servir que le Département s'investisse comme il le fait dans la construction de nouveaux collèges HQE - "Haute Qualité Environnementale", mais aussi Haute Qualité
Éducative - quand l'Etat n'est même plus capable de mettre des enseignants en nombre suffisant dans ces nouveaux établissements ?
Mais, plus essentiel encore, au delà de l'attaque comptable, c'est l'attaque sur l'essence même du service public d'éducation qui doit nous inquiéter.
Je ne prendrai qu'un exemple, celui du « repli frileux » sur les « dits » fondamentaux - lire, écrire, compter. Il est en effet paradoxal de constater, au moment où les
collectivités locales s'investissent, à l'instar de Lille avec son Projet Éducatif Global, dans le soutien à l'épanouissement des enfants dans toutes leurs potentialités, condition de leur réussite
scolaire, que la place laissée aux enseignants pour s'investir pour le bien de leurs élèves dans ces projets, est réduite à la portion congrue.
Les parents, comme les enseignants ne se laisseront pas faire. Soyez assurés que nous serons à leurs côtés dans les luttes pour un renouveau du service public d'éducation.
Par Patrick Kanner
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Publié dans : Actualités
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Par contre j'ai celui de connaitre des enseignant(e)s ecoeuré(e)s! Et j'ai suivi l'initiative Lilloise du PEG et la récente consultation sur le retour à la semaine de 4,5 jours.
Toutes mes amies, de la maternelle au lycée, sont catastrophées(même sans "faire de politique")sur la situation qui leur est faite. Plus de remplacements,pas de moyens, disparition des IUFM(avec un pseudo-stage pour les enseignants en master: qui va les transformer en enseignants à bon compte dans la classe ou ils seront parachutés, sans être accompagnés d'un enseignant qui les forme)
Par ailleurs, je rappelle que notre camarade Frakowiak, Inspecteur Départemental de l'Education Nationale (sans être aussi emm... que Gérard Filoche(Inspecteur du travail) qui est en procès avec son Ministre, qui l'a sanctionné pour avoir fait son métier) a lui aussi été sanctionné pour s'être oppposé à son Ministre(de Robien) et sa circulaire idiote sur l'application obligatoire d'une méthode d'apprentissage décérébrante, et destinée à faire apprendre à lire, mais surtout de ne pas "apprendre à apprendre" et ainsi développer l'intelligence créatrice des enfants.
Oui l'Education et la Formation sont en danger dans notre pays!
Elle est délibérément sacrifiée, pour être à terme confiée aux écoles privées payantes, et surtout pour produire des cohortes de jeunes incapables d'avoir une réflexion critique: ils risqueraient tant de critiquer l'idéologie dominante!
Seule la Gauche peut, si elle revient au pouvoir, retrouver le chemin d'un enseignement à la hauteur des enjeux: promouvoir une civilisation du savoir, capable de promouvoir une économie du savoir, la seule qui puisse nous permettre d'être compétitifs dans l'économie mondialisée actuelle.