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"Aucune race n'a le monopole de l'intelligence, de la beauté, de la force et il y a une place pour tous au rendez-vous de la victoire"
Aimé Césaire
Monsieur le Sénateur Maire, permettez moi tout d’abord de remercier chaleureusement votre Adjointe, Madame Françoise TENENBAUM, qui depuis de
nombreuses années souhaitait organiser un congrès de l’UNCCAS dans votre ville.
Qu’elle soit chaleureusement remerciée ainsi que toute son équipe pour la qualité de notre accueil. Ce congrès sera manifestement un grand succès. J’associe à ces remerciements le délégué général de l’UNCCAS, Daniel ZIELINSKI et tous ses collaborateurs qui eux aussi au côté du CCAS de DIJON ont pris toute leur part dans ce magnifique congrès.
Les congrès passent et réservent chaque année leur lot de surprises et d’actualités.
Au rang des surprises et des nouveautés, il n’aura échappé à personne que l’UNCCAS dispose désormais d’une nouvelle signature ! Une signature et un logo plus dynamiques, à l’image de ce que notre Union est devenue et de ce qu’elle s’efforce d’être, au quotidien. Nous sommes heureux de profiter que nous soyons près de 1000 participants aujourd’hui pour vous les dévoiler en exclusivité !
Coté actualité, ces derniers mois, pour ne pas dire ces trois dernières années ont été marqués par une profusion de réformes que je résumerai en 5 points. Cinq grandes tendances qui confirment la nécessité, pour notre Union, de :
- renforcer ses capacités d’expertise et de conseil,
- de consolider ses méthodes d’interpellations,
- et enfin d’adapter constamment les outils mis à disposition de ses adhérents.
C’est en tout cas ce qui nous a motivés dans l’élaboration du plan stratégique de l’UNCCAS à l’horizon 2014, sur lequel le reviendrai. Un plan conçu dans une période de crise dont les économistes et les entreprises, encore convalescentes, prévoient de ne sortir qu’en 2012. D’ici là, les difficultés de nos concitoyens restent de mise et les CCAS et CIAS plus que jamais « sur le pont » !
Pour entrer dans le vif du sujet, venons-en à la 1ère des tendances que j’évoquais à l’instant, à savoir : les craintes qui pèsent sur l’esprit de la décentralisation
La réforme des collectivités territorialesachève son parcours parlementaire. Autant dire un parcours du combattant ! Nous pouvons nous réjouir du maintien de la clause de compétence générale des communes ou des perspectives de développement de l’intercommunalité, en espérant qu’elles trouveront une application concrète en matière sociale.
Mais ne nous y trompons pas ! Alors que nous aurions pu attendre de cette réforme un prolongement de l’acte II de la décentralisation, nous sommes loin du compte. Loin en tout cas des propositions que nous avions nous-mêmes formulé dans notre Livre Banc de l‘action sociale locale paru l’an dernier. Loin également de l’idée, à laquelle nous souscrivions, d’améliorer les répartitions et la complémentarité de chacun. Loin enfin de l’acte 3 de la décentralisation qui devait conduire à consolider le rôle des collectivités territoriales.
A l’inverse, le diagnostic réducteur qui a prévalu à cette réforme est sans ambigüité. Il se résume en une formule lapidaire : « trop». « Trop d’élus locaux, trop cher, trop d’échelons de décisions »…
Cette vision, pour le moins simpliste, de l’action locale a notamment débouché sur l’idée de créer des conseillers territoriaux en 2014 censée conduire à d’hypothétiques économies... Chacun appréciera la pertinence du projet à la lumière de sa propre organisation territoriale et de ses relations partenariales. Il est néanmoins dommage que certains ne voit dans le nombre d’élus locaux qu’une entrave et non une vraie richesse démocratique.
D’aucuns regretteront également que la question, pourtant centrale, de la répartition et de la clarification des compétences n’ait progressé que par amendements au texte initial. Au lieu d’un texte global, les collectivités territoriales voient leurs compétences limitées par le jeu de la spécialisation, ce dont le secteur social n’a pas forcément à gagner. Le cloisonnement aveugle des interventions n’a jamais été bon pour tout ce qui touche à l’humain.
Pour lire la suite du discours, cliquez sur ce lien :
discours PK
DIJON
Patrick Kanner au congrès national des CCAS
Patrick Kanner, président de l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (UNCCAS), s’est exprimé devant près de 1000 élus locaux et professionnels du secteur social réunis ces 6 et 7 octobre 2010 lors du 63ème congrès national de l’UNCCAS, à Dijon.
Lors de ce congrès consacré à l’observation sociale et à l’évaluation, Patrick Kanner a rappelé les grands enjeux d’un secteur marqué de nombreuses réformes : réforme des collectivités territoriales, financement des services à domicile et des établissements d’hébergement pour personnes âgées, évolutions du secteur de la petite enfance.
A cette occasion ont également été commentés les résultats de l’enquête UNCCAS-Gazette santé social relative à l’impact de la crise sur les usagers du service public de proximité. Une enquête menée pour la seconde année consécutive auprès des adhérents de l’UNCCAS, selon laquelle 80% des CCAS constatent une augmentation des demandes d’aide qui leur sont adressées.
Dans un tel contexte, Patrick Kanner a fait part de ses inquiétudes quant « aux marges de manœuvre des collectivités territoriales confrontées à la suprématie des logiques de performance budgétaires, dommageables au développement des politiques de prévention et au maintien de la qualité des services publics locaux en matière sociale ».
J’ai eu le plaisir de « lancer » le dernier après-midi de ces premières Assises Nationales de l’Aide à Domicile qui se sont déroulées à Paris, à l’initiative du « Journal du
Domicile et des Services à la Personne ».
Je suis intervenu en ma qualité de Président National de l’UNCCAS. Mon intervention a permis de souligner les grands dangers qui pèsent sur ce secteur qui jusqu’alors était assuré dans une logique d’intérêt général par les services associatifs ou les services publics liés aux communes, en l’occurrence les CCAS.
Nous assistons à une fragilisation totale liée à l’émergence d’un secteur privé lucratif qui s’est engouffré dans le cadre de la loi Borloo de 2005.
Certes et selon la formule consacrée, il y a du travail pour tous. Mais dans la mesure où nous nous adressons à des personnes souvent fragilisées et en particulier les personnes âgées dépendantes, il y a lieu de s’interroger sur cette ouverture de marché qui peut être porteuse de désorganisation, désorganisation qui est manifestement aujourd’hui l’apanage de la politique gouvernementale.
Soyons donc vigilants notamment dans cette période où le Gouvernement a manifestement fait une croix sur la notion de 5ème risque-5ème branche de Sécurité Sociale pour la prise en charge de la perte d’autonomie.
Un rapport parlementaire récent montre bien la voie qui sera prise, celle de privilégier l’assurance privée au détriment de la solidarité nationale. Encore un coup qui se prépare contre le socle républicain en matière d’action sociale.
J’étais ce jeudi 10 février à Paris pour le lancement de l’Année Européenne de la Lutte contre la Pauvreté et l’Exclusion
Sociale.
C’est Martin HIRSCH, Haut Commissaire aux Solidarités Actives, qui a ouvert ces travaux où l’Union Nationale des C.C.A.S., que je préside, a été partie prenante, notamment en étant retenue pour un projet expérimental de co-formation d’élus locaux de l’Action Sociale et de publics en situation de pauvreté, par le croisement des savoirs et des pratiques. Faire se rencontrer des décideurs politiques et les personnes touchées par les phénomènes d’exclusion me semble effectivement une approche innovante, reconnue par le Gouvernement.
Que faut-il retenir de cette journée qui a réuni, naturellement, les Têtes de Réseau de l’Action Sociale de notre pays ? Tout d’abord et cela n’étonnera personne, la pauvreté progresse dans l’Union Européenne.17 % des Européens, soit plus de 84 millions de personnes, sont confrontés à cette situation.
Pauvreté monétaire, manque de logement, accès aux soins difficile, droit aux loisirs inatteignable… sont les ingrédients de ce phénomène que la crise économique et sociale actuelle ne fait que renforcer. Toutes les classes d’âge sont touchées, des jeunes bien sûr, mais aussi jusqu’aux aînés qui, pour nombre d’entre eux, vivent avec 700 ou 800 euros par mois, c’est-à-dire qu’ils survivent !
La volonté de l’Union Européenne de mieux diagnostiquer ces phénomènes se heurtera néanmoins à son incapacité juridique à pouvoir réellement mener des politiques contraignantes sur cette question. Malgré quelques avancées dans le Traité de Lisbonne, aujourd’hui en vigueur, le « pilier social » de l’Union Européenne reste encore un objectif à atteindre.
J’ai toujours été convaincu, y compris en créant le Réseau ELISAN des Elus Locaux de l’Action Sociale Territoriale en Europe, que c’est la dimension sociale dont doit se doter l’Union Européenne qui fera avancer cette dernière en terme de construction politique et donc démocratique. Si l’Année Européenne de Lutte contre la Pauvreté et l’Exclusion Sociale permet d’ouvrir quelque peu cette perspective, elle n’aura pas été inutile.
Le Collectif 59/62 « qualité d’accueil pour tous » a présenté ce mardi 12 janvier, le Livre Blanc de la mobilisation des partenaires associatifs et publics pour
protéger dans notre pays le secteur de la Petite Enfance.
J’ai contribué à la rédaction de ce Livre Blanc en ma qualité, notamment, de Président de l’Union Nationale des Centres Communaux d’Action Sociale.
Devant plus de 200 acteurs de la Petite Enfance réunis à la M.E.P. à Lille, j’ai rappelé les grands dangers qui pèsent sur ce secteur. Jardins d’éveil, directive services, suppression de postes dans les écoles maternelles, décret crèches… sont autant de signes qui montrent que le Gouvernement envisage de manière délibérée, l’ouverture du secteur de la Petite Enfance à la concurrence privée et lucrative.
En ce sens, il veut marchandiser les enfants en s’obstinant à l’inverse d’autres pays européens, en particulier à l’inclure dans les champs de la libre concurrence telle que la directive services le permet.
Ce n’est pas l’Europe qui le souhaite mais l’actuelle majorité gouvernementale qui continue à faire de l’ultralibéralisme sa ligne d’action, y compris dans le secteur social.
Nicolas SARKOZY claironne partout que le modèle social français a permis d’amortir les effets de la crise.
C’est ce même modèle social qu’il est en train, petit à petit, de fragiliser par ce type de mesures.
Il faudra arrêter cette casse.
Ce Livre Blanc constitue un élément de cette mobilisation.
Je me
suis rendu à Paris, ce mardi 17 novembre, pour être auditionné en ma qualité de Président de l’UNCCAS, par le Conseil National de Lutte contre les Exclusions (CNLE). Le Président, Monsieur
SELLIER, avait souhaité connaître les conclusions du dernier Congrès de l’UNCCAS, et notamment le contenu du sondage réalisé auprès des adhérents de cette association.
En effet, près de 700 CCAS avaient répondu à une enquête concernant l’augmentation perceptible de la pauvreté dans notre Pays. Je n’ai pu malheureusement que confirmer ce qui n’est plus un sentiment mais une réalité. La pauvreté s’accroît dans notre Pays, et touche aujourd’hui une nouvelle population, et en particulier les jeunes et les travailleurs précaires.
Les CCAS sont en première ligne face à cette situation dégradée. Vous
trouverez la trame de mon intervention au CNLE en suivant ce lien :
R-union-pl-ni-re-CNLE-17-11-09.doc .
J’ai
eu le grand plaisir, ce mardi 27 octobre, d’animer le premier Colloque du réseau ELISAN (European Local Inclusion and Social Action Network), sur le thème « la dimension sociale de la
cohésion territoriale ». Ce Colloque s’est déroulé au siège du Comité des Régions à
Bruxelles.
Je préside le Réseau ELISAN depuis 2008, date de sa création. ELISAN est, aujourd’hui, le seul réseau européen des élus locaux en charge de l’Action Sociale.
Ce Colloque, qui a réuni plus de 200 participants venant de plus de 15 Etats Européens différents, a été l’occasion de souligner l’importance de la dimension sociale que doit, plus que jamais, revêtir la construction politique de l’Europe.
A l’heure de la prochaine mise en œuvre du Traité de Lisbonne, ELISAN compte multiplier ses interventions auprès des instances européennes afin de faire reconnaître la spécificité de l’Action Sociale portée par les élus territoriaux.
Dans ce cadre, je mets en ligne les discours que j’ai prononcés ce 27 octobre à Bruxelles. Pour le discours
d'ouverture, cliquez ici :
Elisan-27-discours-d-introduction.doc . Pour le discours de cloture,
cliquez ici :
Elisan-27-discours-de-cloture.doc .
Je vous en souhaite une bonne lecture.
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