Mardi 6 juillet 2010
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La crise économique que nous vivons nous le confirme, nous devons, plus que jamais, faire en
sorte que l’humain redevienne le centre de l’activité économique. C’est pourquoi nous soutenons l’Economie Solidaire et Sociale. En effet, se fondant sur le principe de solidarité et étant
génératrice d’emplois de qualité, non délocalisables, l’Economie Sociale et Solidaire est une composante de la société civile organisée. Elle contribue de manière significative à la construction
d’une société plurielle plus participative, plus démocratique et plus solidaire. Plus important encore, à mon sens, l’ESS est une composante de l’économie moderne qui apporte une réponse
innovante face aux disparités sociales et aux incertitudes liées à la mondialisation.
L’article 6 de notre déclaration de principe précise que : « le système voulu par les socialistes
est une économie mixte, combinant un secteur privé dynamique, un secteur public efficace, des services publics de qualité accessibles à tous, un tiers secteur d’économie sociale et
solidaire. »
Or, aujourd’hui, le gouvernement refuse de reconnaître les structures de l’Economie Sociale et Solidaire
comme des acteurs économiques à part entière. L’intégration de cette thématique au sein de la Direction générale de la cohésion sociale, rassemblant de nombreux sujets épars, traduit le
désintérêt de ce gouvernement vis-à-vis de l’ESS. Il en a une conception terriblement réductrice, qui la cantonne à une dimension d’insertion et de lutte contre la pauvreté, alors même que les
propositions de l’ESS sont le plus souvent efficaces et innovantes.
L’ESS représente aujourd’hui 10% du PIB et concerne plus de 2 millions de salariés, soit prés de 10% de
l’emploi en France. En Région Nord Pas de Calais, ce sont 25 600 établissements qui appartiennent au secteur de l’ESS, soit une proportion de 14% de l’ensemble des établissements régionaux
du champ privé marchand et 11.3% des emplois du secteur privé ou semi-public.
Ne nous y trompons pas. Malgré ce que le gouvernement de Monsieur Sarkozy a voulu nous faire croire, la crise
de l’économie réelle, dans notre pays, n’est pas finie. Et la crise sociale ne fait que commencer. Même Madame Lagarde a été obligée de déclarer il y a quelques jours que « les effets de la
crise sur l’emploi n’ont pas disparu ».
En effet, lorsque l’on voit les derniers chiffres du chômage, cela ressemble à un doux euphémisme : dans
la catégorie A, le nombre de chômeurs a augmenté de 0.8% en un mois et de 7.1% sur un an, soit 2 699 600 demandeurs d’emploi au total. En incluant ceux qui ont exercé une activité
réduite, ce chiffre atteint 3 942 900, en progression de 9.7% sur un an. Avec les DOM, et toutes catégories confondues (A, B et C) la France compte 4 182 800 chômeurs, soit
une augmentation de 9.4% en un an.
L’Economie Sociale et Solidaire souffre aussi en cette période de crise. Les services à la personne ont été
déréglementés, les exigences ne sont pas les mêmes entre les entreprises privées et celles ressortant de l’ESS (convention collective…). Les mutuelles de santé sont confrontées à une concurrence
qui sélectionne leurs clients parmi les moins à risques, reportant la prise en charge des plus défavorisés sur les sociétés mutualistes. Les organismes de formation d’éducation permanente de
proximité, mais aussi les Scop, sont également touchés aujourd’hui.
D’autres difficultés viennent tout simplement de choix politiques qui ne sont pas les nôtres. L’application
particulièrement réductrice de la Directive Services en France touche l’ensemble du secteur de l’ESS. Le désengagement de l’Etat, la casse des services publics locaux, la baisse des moyens
financiers alloués aux associations menacent l’avenir du mouvement associatif.
Si vous souhaitez lire l'intégralité de mon intervention sur l'ESS, cliquez sur le lien suivant :
INTERVENTION A LA COMMISSION SOLIDARITE DU 2-07-10
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