En ma qualité de Président de l’Union Nationale des CCAS, j’ai participé à son congrès annuel les
16 et 17 septembre derniers, à Paris. Plus de 1 000 congressistes avaient répondu présents à cette invitation où l’ensemble des acteurs sociaux se retrouve pour évoquer l’actualité sociale
et médico-sociale. Trois Ministre sont venus nous rencontrer : Monsieur DARCOS, Madame BERRA et Monsieur HIRSCH.
Il est vrai que les inquiétudes des CCAS sont grandes, renforcées par les résultats d’une enquête que l’Union Nationale des CCAS a diligenté avec le Groupe Moniteur (www.gazette-sante-social.fr). Cette grande consultation visait à mieux connaître l’impact de la crise économique, dans les CCAS.
Les demandes d’aides sont effectivement en forte augmentation, elles traduisent les effets conjoncturels de cette crise pour les usagers des CCAS. Le premier élément déclencheur de la demande est la perte d’emploi suivie de l’accroissement du surendettement et des problèmes de remboursement de crédits. Les profils ont évolué, près de 19 % des nouvelles demandes sont présentées par des personnes en situation d’emploi et même en CDI. Beaucoup de jeunes, près de 13% de moins de 25 ans, se présentent aux CCAS, ne disposant d’aucune ressource stable.
Autre fait marquant, les demandes d’aides croissantes présentées par des retraités disposant de très faibles revenus, en raison de carrières professionnelles hachées par des périodes de chômage. Cette situation est particulièrement inquiétante, elle démontre l’urgence d’une prise de conscience par les pouvoirs publics nationaux afin de ne pas laisser les collectivités territoriales seules, face à une telle recrudescence des demandes de secours. A l’heure où l’Etat envisage de réformer l’organisation territoriale de notre pays, une telle enquête mérite d’être prise en considération, pour déterminer quelles sont les réelles priorités à traiter en cette période.
Nous fêtons cette
année, en novembre, le 20ème anniversaire de la Convention internationale des droits de l'enfant. C'est le moment que choisit le gouvernement pour supprimer le "défenseur des droits de
l'enfant". Décision symbolique d'un pouvoir qui assume au grand jour des atteintes répétées aux libertés publiques !
Directeur du Centre Communal d’Action Sociale de Roubaix dans les années 1980, j’ai eu le grand honneur de côtoyer le Docteur TITRAN.
Nous sommes devenus des amis, et c’est pour moi une réelle fierté que d’avoir pu collaborer à titre professionnel avec cet homme engagé, qui avait fait de sa profession de pédiatre un levier pour
contacter les familles roubaisiennes les plus pauvres, les plus fragiles : celles marquées par
la reconduction de la pauvreté de génération en génération, y compris malheureusement souvent avec des stigmates physiques liés à des conduites addictives.
Je me souviendrai de ses consultations faites dans des cuisines afin de ne pas « effrayer » cette population en difficulté. Je me souviendrai de ce sourire qui n’arrivait pas, néanmoins, à dissimuler une force, une détermination extraordinaires pour mener à bien le combat qu’il s’était assigné.
Roubaix perd une grande figure. Je perds en Maurice TITRAN l’un de ceux qui m’ont ouvert la voie dans mon engagement social.
J’ai participé ce jeudi 10 septembre « aux Jeudis de Roubaix » de l’Ecole Nationale de Protection Judiciaire de la Jeunesse, sur le thème :
« La prise en compte de l’identité du territoire dans l’accompagnement des jeunes ».
J’étais le grand témoin de la table ronde de lancement de cette journée, à côté de Monsieur Rémi LEFEBVRE, Professeur en Sciences Politiques à l’Université de Lille II et à l’IEP de Lille, et de Monsieur Jacques DONZELOT, Sociologue, Conseiller Scientifique auprès du Ministère de l’Ecologie, de l’Energie et du Développement Durable.
La question essentielle consistait à savoir comment on pouvait prendre en compte le territoire dans la construction identitaire des jeunes en difficultés et, naturellement, de réfléchir sur la manière d’intégrer ces données dans l’accompagnement de ceux-ci.
Le territoire source d’unité et de cohérence ou le territoire pouvant conforter les phénomènes de ghettoïsation, sont des questions particulièrement sensibles pour la pertinence de l’action publique.
Le Département du Nord, au travers de ses plans territoriaux d’Action Sociale et au travers de sa politique Jeunesse, visant à créer des plateformes de coordination des acteurs, est une collectivité incontournable dans cette réflexion.
Il m’a été permis de le leur rappeler en faisant des propositions concrètes et il faudra rester attentif aux conclusions de cette journée particulièrement intéressante de l’ENPJJ.
Derniers Commentaires